L’augmentation de 5% de l’empreinte écologique de la France entre 2015 et 2018 est essentiellement liée à l’accroissement de sa composante carbone sur cette même période. Il a été effectivement observé en France une reprise des émissions de gaz à effet de serre dans les secteurs des transports, des bâtiments et de la production d’électricité entre 2014 et 2016, liée à un recours accru aux énergies fossiles. Cet écart est expliqué par des éléments conjoncturels comme le faible prix des produits pétroliers qui a incité à leur consommation. Il témoigne aussi d’une transition écologique encore trop à la traine et à la marge en France, avec des enjeux identifiés notamment autour du rythme de rénovations lourdes des bâtiments existants ou des changements à opérer dans les transports. Entre 1990 et 2016, les émissions liées aux transports en France ont progressé au total de 11,4%, en particulier du fait des transports routiers. L’amélioration de la performance environnementale des véhicules n’a pas permis de compenser l’accroissement des kilomètres parcourus par la route. L’empreinte écologique peut aussi être rapportée aux fonctions de consommation des Français afin d’essayer d’identifier les meilleurs moyens d’atteindre une consommation durable aux niveaux national et local, ainsi qu’à l’échelle des citoyens. La composition de l’empreinte des Français montre le poids actuellement occupé par l’empreinte de leur logement, en chauffage notamment, ainsi que de leur transport individuel et de leur alimentation au quotidien. Les empreintes de consommation associées au logement, au transport et à l’alimentation constituent plus des deux tiers de l’empreinte écologique des Français. Les empreintes générées par les autres biens et services (activités culturelles et de loisirs, télécommunications, services financiers et assurances…) constituent le tiers restant. L’évolution de nos modes de consommation est ainsi centrale pour avoir une chance d’améliorer la date du Jour du dépassement de la France. Elle est d’ores et déjà rendue possible pour les citoyens par de nombreuses alternatives et solutions disponibles en matière d’alimentation plus saine et durable, de meilleurs modes de déplacement et plus optimisés ou encore d’équipements de gestion de la demande d’énergie ou de production locale d’énergie renouvelable.