Les deux inspections générales du MENESR exercent des responsabilités en matière d’évaluation. L'inspection générale de l'éducation nationale (IGEN), qui compte un peu plus de 150 inspecteurs généraux, « a pour mission d’évaluer les types de formation, les contenus d’enseignement, les programmes, les méthodes pédagogiques, les procédures, les moyens mis en œuvre (et prend part à celle des) personnels d’inspection, de direction, d’enseignement, d’éducation et d’orientation ». L’inspection générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche (IGAENR) qui compte un peu moins de 90 inspecteurs généraux évalue « l'efficacité et les performances du système éducatif à tous les niveaux d'enseignement » L’une comme l’autre « procèdent, en liaison avec les services administratifs compétents, à des évaluations départementales, académiques, régionales et nationales ». La part des travaux évaluatifs dans les activités des deux inspections générales depuis 2010 peut être estimée à environ 15 % pour l’IGEN et 6 % pour l’IGAENR. Elles sont fréquemment associées dans des travaux communs : sur les 31 rapports explicitement évaluatifs de l’IGEN, la moitié a été réalisée en collaboration avec l’IGAENR, sur les 25 rapports explicitement évaluatifs de l’IGAENR, 11 ont été réalisés en collaboration avec l’IGEN. Les évaluations des inspections générales relèvent plutôt du « dire d’experts » et comportent très rarement des estimations chiffrées, issues des méthodes évaluatives dites quantitatives. La dualité des inspections est une particularité du ministère, qui résulte de son histoire. Pourtant la spécificité des compétences de l’IGEN, essentiellement de nature disciplinaires, ne constitue pas un argument décisif de la dualité des corps. Ainsi l’inspection générale des affaires sociales (IGAS) accueille-t-elle aussi bien des administrateurs civils que des médecins. Il ne saurait évidemment être question de confier à des administrateurs civils par exemple, des missions pédagogiques ou disciplinaires, mais la spécialisation des agents n’est pas incompatible avec l’unicité de leur statut dans un corps d’inspection unique.